Chère Camarade, Cher Camarade,
La campagne du premier tour touche à sa fin. Il faut en revenir à l'essentiel. Tu vas choisir lequel d'entre nous portera les couleurs de notre parti et demain la responsabilité de la France.
Durant ces semaines, j'ai développé ma vision de ce que pouvait être, pour notre pays, un chemin efficace dans la mondialisation. J’ai arrêté ma priorité : le social. J’ai fixé un objectif : le plein emploi en moins d’une décennie. J’ai défini ma méthode : la social-démocratie et le « président engagé ». J’ai avancé mes principales propositions : le « Pacte de l’Elysée », le patrimoine pour les jeunes, la « grande relance européenne », la restructuration écologique de notre économie. Et, toujours, je suis resté fidèle à l'exigence de vérité sans laquelle il n'y pas de victoire. Tout cela dessine un ensemble cohérent. Durant cette campagne, j'ai avancé avec solidité, méthode, réactivité. Durant cette campagne, j'ai réussi à créer une dynamique, un mouvement, un élan. Ce sont les meilleurs gages pour la réussite de la campagne qui est devant nous, qui sera plus longue et plus dure.
J'ai besoin de chaque voix, dès le 16 novembre, pour faire gagner les idées sociales-démocrates. Je compte sur toi.
Dominique Strauss-Kahn
DSK, le vote utile dès le premier tour
Nous restons tous marqués par ce soir de 2002, ce 21 avril funeste où la gauche fut supplantée par le Front National et éliminée de l’espace public. Nous ne voulons pas revivre ça. Les débats que le parti a organisés sont le moyen de choisir celui ou celle qui tiendra la distance, gagnera l’élection mais surtout gouvernera à gauche durablement.
Pour y parvenir, tirons les leçons du terrain, observons ce qui fait le succès du parti socialiste. C’est notre pratique dans les collectivités locales. Celle-ci est sociale et démocrate. La complexité des problèmes locaux, l’âpreté des demandes contradictoires, la difficulté de redistribuer, l’exigence de la compétitivité, la revendication d’être protégé et l’exigüité des marges de manœuvre financières font que nos responsables sur le plan local doivent inventer de nouvelles marges de manœuvre. Ils doivent créer, imaginer de nouveaux espaces de régulation et de promotion. Ils doivent gérer au plus près des réalités tout en cherchant la pérennité des comptes publics. Cette démarche social-démocrate locale est le nouvel âge du socialisme. Nous ne pouvons plus vivre avec l’esprit d’Epinay qui promettait la rupture et peinait dans la réforme. Nous ne devons pas pour autant rompre avec la leçon d’Epinay : la gauche n’est pas là pour s’adapter mais pour améliorer. Il faut aussi être fidèle à nos principes républicains, l’égalité, la liberté et la fraternité. Mais il faut redonner de l’efficacité à nos principes, par l’égalité réelle, qui attaque les inégalités à la racine, par une liberté ordonnée. Une société n’est pas le rassemblement d’individualités : il y a un vivre ensemble qui doit faire communier règles et individualités. Et la fraternité ? Elle devra être laïque car nous dénonçons tous les tentations communautaristes. Si la laïcité c’est la séparation du domaine public et privé, elle ne doit pas favoriser une religion par rapport à une autre. Cette social-démocratie que nous faisons vivre dans nos municipalités, conseils généraux, conseils régionaux, il faut maintenant la porter au pouvoir. Nous vous proposons de fonder un nouvel âge du socialisme qui retrouve l’efficacité de nos principes de justice et ceci dans la mondialisation. Plus personne ne propose de nier le marché. Plus personne ne propose non plus de nous y adapter, mais nous voulons domestiquer l’économie de marché et refusons la société de marché.
Pour cela une méthode : la social-démocratie. Elle repose sur quatre piliers :
a- La protection
La protection ce n’est pas seulement, celle des biens et des personnes que la droite agite, sans la régler, pour mieux libéraliser le marché. La protection par excellence, c’est la protection sociale.
b- La promotion
La promotion, c’est l’égalité réelle et non plus l’égalité formelle. Seule l’égalité réelle peut faire repartir l’ascenseur social. C’est donc le service public de la petite enfance, une politique du logement, mais aussi la promotion de la France. Et elle en a besoin pour se relancer, pour construire une nouvelle croissance, pour bâtir un nouveau compromis social, une refondation de l’université et une promotion de la recherche.
c- La vie
La qualité de la vie est aujourd’hui une des données essentielles des aspirations de nos concitoyens : elle mêle l’augmentation des salaires, le droit aux vacances pour tous, des naissances choisies, une vieillesse dans la dignité, des retraites assurées, une sécurité sociale pérennisée, un cadre urbain vivable, des transports en commun efficaces et agréables, voire la fin de toute discrimination… et enfin un développement durable, à la fois dans l’écologie de notre société, mais aussi ne l’oublions pas, à propos de la dette que nous laisserons à nos enfants.
d- La vérité
La social-démocratie, c’est la vérité budgétaire. La dette est l’ennemie de la gauche parce qu’elle grève la capacité de l’Etat à construire une politique moderne, efficace, de redistribution. Mais la vérité c’est aussi dire ce que l’on va faire, faire ce que l’on a dit. C’est indiquer aux Français que l’on ne peut pas distribuer les richesses que l’on n’a pas. C’est surtout traquer la démagogie, le populisme et ce cynisme qui a fait tant de ravage, où les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. La vérité, c’est une éthique où la conquête du pouvoir n’est pas tout, où le service des Français est le point de départ de tout. La vérité, c’est informer, donner les moyens de juger, c’est pouvoir contrôler. La vérité, c’est construire une pratique politique où les Français peuvent dans la transparence et la clarté mesurer le chemin parcouru, informés qu’ils sont du but de la nation. La vérité c’est donc une culture de l’évaluation, c'est-à-dire l’inverse du populisme où l’on flatte la déraison plutôt que la raison.
La social-démocratie c’est un Président engagé et un contrat d’alliance
Nous n’avons que faire des hommes et des femmes qui croient à leur destin avant de présenter notre dessein collectif. Nous avons besoin de quelqu’un qui puisse conjuguer les solutions pour le présent et anticiper l’avenir pour nos enfants. Nous avons besoin de quelqu’un qui pratique l’art du compromis, qui ne soit pas un monarque républicain, qui ait de l’inventivité, mais aussi l’expérience de la France et surtout du monde. Nous avons besoin de quelqu’un attentif à l’union mais suffisamment identifié à un renouveau vertébré, que nous pensons social et démocrate, pour ne pas être dilués. Nous avons besoin d’un homme ou d’une femme qui fixe le terrain du combat : les questions économiques et sociales plutôt que de se subordonner à l’opinion ou aux autres formations. Nous avons besoin de quelqu’un de populaire mais nous savons qu’une fois désigné par le PS, il le sera. Ne parier que sur la popularité, c’est combattre avec une main dans le dos car les Français veulent des réponses concrètes à leurs préoccupations. Nous voulons un candidat qui batte la droite, et singulièrement Sarkozy, mais aujourd’hui les trois peuvent le faire car la division à droite est à son comble.
Nous voulons donc un nouveau chemin pour la gauche : pour nous c’est DSK ! Michel DESTOT, Député Maire de Grenoble
Bernard SOULAGE, 1er Vice président du Conseil Régional Rhône Alpes
Christine CRIFO, Vice-présidente du Conseil général, Conseillère municipale
Geneviève FIORASO, 1er Vice présidente de la Métro, Adjointe au Maire de Grenoble
Annie DESCHAMPS, 1er Adjointe au Maire de Grenoble

Député européen de la circonscription "Grand ouest", Bernard Poignant préside la délégation socialiste française au Parlement européen. Il argumente ici les raisons de son soutien à DSK
« Pour représenter le Parti Socialiste à l’élection présidentielle de 2007, je souhaitais Lionel Jospin d’abord, François Hollande ensuite. A mes yeux, l’un et l’autre incarnent le point d’équilibre et du PS et de la gauche. Je n’ai ni l’un ni l’autre. Je dois donc choisir entre trois candidats qui n’ont pas ma préférence de départ. Je ne veux en effet ni m’abstenir, ni voter blanc. Alors sur quels critères se déterminer ?
Faut-il privilégier l’idée du renouvellement du personnel politique ? Les trois candidats ont été ministres des gouvernements de François Mitterrand et de Lionel Jospin. Ce ne sont pas des poussins d’un jour et ce critère ne me parait donc pas pertinent.
Faut-il penser « génération » et donc s’appuyer sur l’âge ? Je n’ai jamais cru que ce paramètre valait pour la Présidence de la République. De plus il faut un écart de 15 à 20 ans pour parler de génération différente. Or il n’y a que sept ans entre le plus âgé et la plus jeune. Voilà encore un argument qui tombe.
Faut-il faire intervenir le critère du sexe ? C’est le moins bon de tous. Si j’avais été anglais en 1979, j’aurais préféré un vieil homme travailliste à une jeune femme conservatrice du nom de Margaret Thatcher. De même il y a beaucoup d’hommes que je ne veux pas voir occuper la Présidence de la République Française. Je ne confonds pas la défense de la parité avec la pertinence d’une politique.
Faut-il privilégier l’expérience et la compétence ? A cet aune, ils en ont tous les trois mais à des degrés divers. Incontestablement Laurent Fabius est celui qui l’emporte sur ce plan : ancien directeur de cabinet de François Mitterrand, plusieurs fois ministre notamment de l’économie et des finances, Premier Ministre, Président de l’Assemblée Nationale, Premier Secrétaire du PS… il a la meilleure carte de visite. Chacun lui reconnaît la capacité à diriger l’Etat et à présider la France. J’ai avec lui un désaccord sur l’Europe issu de mai 2005 et je n’ai pas apprécié qu’il ne respecte pas le vote de notre référendum interne.
Faut-il privilégier l’implication dans le Parti Socialiste ? Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn tiennent bien la corde. Présents, actifs, positifs, ils sont alors à égalité. J’ai plutôt tendance à faire confiance à ceux qui osent défendre leurs positions dans les instances de mon parti. C’est une garantie pour l’avenir. De ce point de vue, Ségolène Royal ne s’est jamais placée en première ligne ni dans nos congrès, ni dans nos conventions, ni dans notre Conseil National, ni dans la commission du projet, ni dans le Bureau National qui l’a finalisé, ni même dans les grands débats du Parlement. Je sais les partis critiqués et même vilipendés, mais je sais aussi que la démocratie se porte mal quand on les ignore.
Faut-il choisir entre celui et celle qui colle le plus au contenu du projet socialiste ? Dans ce cas Laurent Fabius tient la palme, Dominique Strauss-Kahn vient en second et Ségolène Royal est loin derrière tant elle s’en écarte. Mais n’étant pas moi-même d’accord avec la totalité de ce qui y figure, ce critère mérite un peu d’indulgence.
Faut-il voter sur la ligne politique qu’offre chacun des candidats ? C’est ma préférence. Encore faut-il la décrypter.
Laurent Fabius me semble vouloir réitérer le chemin qui nous a conduit à 1981. C’est honorable mais les temps ne sont plus les mêmes. Il ne faut cependant pas rejeter toutes ses analyses comme son insistance répétée au rassemblement de la gauche, condition de la victoire, mais l’Europe nous sépare et je ne le choisis pas.
Ségolène Royal est plus difficile à situer. Des trois candidats elle incarne la victoire de 2004 aux élections régionales même si nous la devons d’abord à François Hollande. Mais elle me semble adopter un suivisme de l’opinion et laisse entendre que tout sera résolu dans un dialogue direct entre le peuple et elle. Et pour moi ce n’est pas l’ordre qui est source de justice, mais la justice qui permet l’ordre.
Dominique Strauss-Kahn a pris une position plus claire et plus prometteuse. Il se dit socialiste français, membre de la social-démocratie européenne même si j’ai une divergence avec lui sur l’ampleur de l’élargissement et les futures limites de l’Union européenne. Mais sa position politique me convient, même s’il aurait mieux fait de la donner au Congrès du Mans en novembre 2005. Il veut reprendre l’esprit de la victoire de Lionel Jospin en 1997 : « On promet ce l’on pourra tenir, on dit ce que l’on fait et l’on fait ce que l’on dit ». Ce n’est pas toujours possible car des évènements viennent parfois l’en empêcher. Je préfère cependant cet état d’esprit à tout autre. C’est pourquoi je lui apporterai ma voix le 16 novembre prochain dans la section de Quimper. »
Jean-Marie Le Guen, Jean-Paul Huchon, Pierre Moscovici, Michel Rocard et Catherine Tasca ont décidé de réaffirmer leur engagement en faveur de DSK. Retrouvez ci-dessous la vidéo de leur soutien :

A son arrivée à la salle Diagora, dans la banlieue de Toulouse, où se tenait le troisième et dernier meeting commun des trois présidentiables face aux militants de Midi-Pyrénées, Dominique Strauss-Kahn a assuré que la primaire socialiste se jouera à deux tours et non un seul comme l'espèrent les partisans de Ségolène Royal, toujours favorite des sondages.
Prié de dire s'il s'agissait du dernier "débat" de la campagne officielle, Dominique Strauss-Kahn a été catégorique. "Absolument pas!", a-t-il lancé aux journalistes. "C'est l'avant-dernier. Il y aura un second tour. Je suis confiant, je m'y prépare", a-t-il ajouté.
Il a demandé aux militants de choisir sans se laisser "impressionner par personne, ni par l'extérieur ni par l'intérieur du parti". Il s'agit "de vous forger une opinion tout seul, c'est ce qui fait la force de la démocratie dans notre parti", a-t-il souligné.
M. Strauss-Kahn, lui, a réaffirmé son credo-social-démocrate, mettant en garde contre des promesses excessives qui ne pourraient qu'engendrer la désillusion et le retour de la droite au pouvoir.
"La blessure que je veux réparer, c'est une gauche qui est élue, mais pas seulement une fois pour qu'au bout de cinq ans, les Français nous disent de rentrer chez nous!", a affirmé DSK, tout en défendant "une gauche destinée à changer la vie".
« Après avoir beaucoup réfléchi et regardé les trois débats télévisés, pour moi il n’y a pas photo : seuls Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius ont montré une stature présidentiable. Fabius est pour moi un choix impossible du fait de son choix sur l’Europe et de son comportement vis-à-vis du vote des militants.
J’ai donc choisi de soutenir Dominique Strauss-Kahn, ce qui m’est d’autant plus facile que cela fait trente ans que nous signons des textes ensemble. »
"Présidentielles 2007 : je veux que la gauche gagne."
"J’étais engagé pour une candidature Lionel Jospin. Elle n’a pu se concrétiser. Depuis, je me suis abstenu de faire connaître mon choix. A l’issue du 3ème débat télévisé, je n’ai plus aucune hésitation, je voterai DSK.
Ses propos sont clairs, vrais et portent en eux un projet global de société. Je trouve que sur certains points, il ne va peut-être pas toujours aussi loin que je le souhaiterais.
Mais je connais sa capacité d’écoute et son absence de dogmatisme. Son expérience (nationale, européenne et internationale) est un atout majeur pour notre pays en ce début de XXIe siècle. Je me battrai donc dans le camp de sa majorité pour aller aussi loin que possible vers une société plus juste.
J’ai toujours milité avec ceux qui ont besoin de la gauche. Sur le terrain comme dans mes mandats ou fonctions, j’ai besoin d'un candidat solide, fiable, engagé, clair avec les militants, clair avec les gens et qui ne promet que ce sur quoi il sait pouvoir réussir. "
Selon une étude Opinionway réalisée après le dernier débat, Ségolène Royal est encore en tête (58%) mais perd 8 points, Dominique Strauss-Kahn a régulièrement progressé depuis le premier débat et gagne 9 points à 36%. Quant à Laurent Fabius, il reste étal à 6% (-1 point).
Concernant le débat d'avant hier, Ségolène Royal a perdu 4 points, compte tenu d'une mauvaise prestation selon la plupart des observateurs, Laurent Fabius est resté stable et DSK a pris 4 points.
A la question de savoir qui des trois candidats avaient été le plus convaincant lors du dernier débat, les internautes interrogés par les journaux gratuits 20minutes et Métro ont placé DSK en tête devant Laurent Fabius, et Ségolène Royal beaucoup plus loin.
Dernière minute : Cote de popularité IFOP-Paris Match 08/11/2006
Pour chacune des personnalités suivantes, dites-nous si vous avez une bonne ou une mauvaise opinion :
Ségolène Royal 64% (-5)
Dominique Strauss-Kahn 62% (+2)
Laurent Fabius 38% (=)

DSK a sillonné hier le Pas-de-Calais pour rencontrer un maximum de militants et d'élus socialistes. Au pas de charge, il a reçu des militants à Boulogne-sur-Mer puis des élus et des secrétaires de section du PS à Béthune, avant de visiter un chantier de rénovation urbaine à Bruay-Labuissière et de tenir un meeting à Libercourt.
"Nous pouvons par la social-démocratie atteindre le plein emploi en moins de dix ans", a assuré Dominique Strauss-Kahn, lors de ce meeting.
"Ma ligne politique, c'est la social-démocratie, avec le social comme objectif et la démocratie comme méthode", a affirmé le député du Val-d'Oise lors d'un discours sur les questions économiques et sociales.
"La social-démocratie, c'est trouver à chaque endroit d'une société compliquée les compromis pour avancer", a-t-il expliqué.
Le candidat à l'investiture a été accueilli par environ 300 personnes acquises à sa cause sur l'air de zouk "Strauss-Kahn il va gagner, la gauche elle va passer" qui rythme ses meetings.
Il s'est dit "enthousiaste et déterminé" car "le jeu est ouvert, les choses bougent, les lignes ne sont plus les mêmes et elles ne seront pas celles que l'on vous dit les 16 et 23 novembre".
La fédération socialiste du Pas-de-Calais est la deuxième de France en nombre d'adhérents. Son premier secrétaire, Serge Janquin, a accordé son soutien à Dominique Strauss-Kahn.



