Mercredi 15 novembre 2006

DSK, le vote utile dès le premier tour

  

 

 

Nous restons tous marqués par ce soir de 2002, ce 21 avril funeste où la gauche fut supplantée par le Front National et éliminée de l’espace public. Nous ne voulons pas revivre ça. Les débats que le parti a organisés sont le moyen de choisir celui ou celle qui tiendra la distance, gagnera l’élection mais surtout gouvernera à gauche durablement.

Pour y parvenir, tirons les leçons du terrain, observons ce qui fait le succès du parti socialiste. C’est notre pratique dans les collectivités locales. Celle-ci est sociale et démocrate. La complexité des problèmes locaux, l’âpreté des demandes contradictoires, la difficulté de redistribuer, l’exigence de la compétitivité, la revendication d’être protégé et l’exigüité des marges de manœuvre financières font que nos responsables sur le plan local doivent inventer de nouvelles marges de manœuvre. Ils doivent créer, imaginer de nouveaux espaces de régulation et de promotion. Ils doivent gérer au plus près des réalités tout en cherchant la pérennité des comptes publics. Cette démarche social-démocrate locale est le nouvel âge du socialisme. Nous ne pouvons plus vivre avec l’esprit d’Epinay qui promettait la rupture et peinait dans la réforme. Nous ne devons pas pour autant rompre avec la leçon d’Epinay : la gauche n’est pas là pour s’adapter mais pour améliorer. Il faut aussi être fidèle à nos principes républicains, l’égalité, la liberté et la fraternité. Mais il faut redonner de l’efficacité à nos principes, par l’égalité réelle, qui attaque les inégalités à la racine, par une liberté ordonnée. Une société n’est pas le rassemblement d’individualités : il y a un vivre ensemble qui doit faire communier règles et individualités. Et la fraternité ? Elle devra être laïque car nous dénonçons tous les tentations communautaristes. Si la laïcité c’est la séparation du domaine public et privé, elle ne doit pas favoriser une religion par rapport à une autre. Cette social-démocratie que nous faisons vivre dans nos municipalités, conseils généraux, conseils régionaux, il faut maintenant la porter au pouvoir. Nous vous proposons de fonder un nouvel âge du socialisme qui retrouve l’efficacité de nos principes de justice et ceci dans la mondialisation. Plus personne ne propose de nier le marché. Plus personne ne propose non plus de nous y adapter, mais nous voulons domestiquer l’économie de marché et refusons la société de marché.

Pour cela une méthode : la social-démocratie. Elle repose sur quatre piliers :

 a-      La protection

 La protection ce n’est pas seulement, celle des biens et des personnes que la droite agite, sans la régler, pour mieux libéraliser le marché. La protection par excellence, c’est la protection sociale.

 b-      La promotion

 La promotion, c’est l’égalité réelle et non plus l’égalité formelle. Seule l’égalité réelle peut faire repartir l’ascenseur social. C’est donc le service public de la petite enfance, une politique du logement, mais aussi la promotion de la France. Et elle en a besoin pour se relancer, pour construire une nouvelle croissance, pour bâtir un nouveau compromis social, une refondation de l’université et une promotion de la recherche.

 c-      La vie

La qualité de la vie est aujourd’hui une des données essentielles des aspirations de nos concitoyens : elle mêle l’augmentation des salaires, le droit aux vacances pour tous, des naissances choisies, une vieillesse dans la dignité, des retraites assurées, une sécurité sociale pérennisée, un cadre urbain vivable, des transports en commun efficaces et agréables, voire la fin de toute discrimination… et enfin un développement durable, à la fois dans l’écologie de notre société, mais aussi ne l’oublions pas, à propos de la dette que nous laisserons à nos enfants.

d-      La vérité

La social-démocratie, c’est la vérité budgétaire. La dette est l’ennemie de la gauche parce qu’elle grève la capacité de l’Etat à construire une politique moderne, efficace, de redistribution. Mais la vérité c’est aussi dire ce que l’on va faire, faire ce que l’on a dit. C’est indiquer aux Français que l’on ne peut pas distribuer les richesses que l’on n’a pas. C’est surtout traquer la démagogie, le populisme et ce cynisme qui a fait tant de ravage, où les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. La vérité, c’est une éthique où la conquête du pouvoir n’est pas tout, où le service des Français est le point de départ de tout. La vérité, c’est informer, donner les moyens de juger, c’est pouvoir contrôler. La vérité, c’est construire une pratique politique où les Français peuvent dans la transparence et la clarté mesurer le chemin parcouru, informés qu’ils sont du but de la nation. La vérité c’est donc une culture de l’évaluation, c'est-à-dire l’inverse du populisme où l’on flatte la déraison plutôt que la raison.

La social-démocratie c’est un Président engagé et un contrat d’alliance

Nous n’avons que faire des hommes et des femmes qui croient à leur destin avant de présenter notre dessein collectif. Nous avons besoin de quelqu’un qui puisse conjuguer les solutions pour le présent et anticiper l’avenir pour nos enfants. Nous avons besoin de quelqu’un qui pratique l’art du compromis, qui ne soit pas un monarque républicain, qui ait de l’inventivité, mais aussi l’expérience de la France et surtout du monde. Nous avons besoin de quelqu’un attentif à l’union mais suffisamment identifié à un renouveau vertébré, que nous pensons social et démocrate, pour ne pas être dilués. Nous avons besoin d’un homme ou d’une femme qui fixe le terrain du combat : les questions économiques et sociales plutôt que de se subordonner à l’opinion ou aux autres formations. Nous avons besoin de quelqu’un de populaire mais nous savons qu’une fois désigné par le PS, il le sera. Ne parier que sur la popularité, c’est combattre avec une main dans le dos car les Français veulent des réponses concrètes à leurs préoccupations. Nous voulons un candidat qui batte la droite, et singulièrement Sarkozy, mais aujourd’hui les trois peuvent le faire car la division à droite est à son comble.

Nous voulons donc un nouveau chemin pour la gauche : pour nous c’est DSK ! 

 

Michel DESTOT, Député Maire de Grenoble

Bernard SOULAGE, 1er Vice président du Conseil Régional Rhône Alpes

Christine CRIFO, Vice-présidente du Conseil général, Conseillère municipale

Geneviève FIORASO, 1er Vice présidente de la Métro, Adjointe au Maire de Grenoble

Annie DESCHAMPS, 1er Adjointe au Maire de Grenoble 

Par SDJ 38 - Publié dans : sdj 38
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